Cogitations et monologues

10 décembre 2018

Punchlines de Samuel Dock

Punchlines

 C’est à travers une centaine de textes courts, sous forme de dialogues ou parfois de monologues, que Samuel Dock l’auteur, nous fait partager la relation de Samuel Dock le psychothérapeute, avec ses jeunes patients, des adolescents entre douze et dix neuf ans.

Il ne s’agit pas d’un ouvrage clinique truffé de noms et de citations d’éminents spécialistes, ni d’une succession de diagnostics ou de thérapies de psychologue en cabinet de consultation.

Le ton, le style, les thèmes abordés par les adolescents, font de Punchlines un ouvrage très abordable par le grand public et de plus, très agréable à lire.

 L’auteur a fait le choix de partager avec ses lecteurs ces punchlines, ces phrases incisives de la part d’adolescents qui « ne se complaisent pas dans des larmoiements passifs mais ont du mordant à revendre » nous dit-il.
Des phrases pleines d’humour, souvent noir ou sarcastique, des mots d’esprit, des constats lucides, une grande créativité dans le choix des métaphores, une capacité d’autodérision pour nombre d’entre eux, tout à fait admirable pour des adolescents que l’on dit plutôt mal dans leur peau.

 Parents, école, travail futur, état du monde, relations amicales ou familiales, sexualité, rêves, mort, tous les sujets sont abordés sans aucune contrainte par les adolescents, dans le cabinet de Samuel Dock.

 Ce dernier n’intervient jamais avec de longues phrases, et avance comme en terrain miné, lorsqu’il répond à une question posée par l’adolescent en consultation.
Car explique-t-il la relation entre un psychothérapeute et son patient, repose sur des signaux extrêmement subtils. Un geste, un soupir une inflexion de voix peuvent arrêter ou relancer la parole, ou encore altérer profondément la perception de l’instant.

Samuel Dock s’interdit toute implication dans les éventuels conflits relatés par ses patients, et nous dit, après avoir écouté Sylvain, 15 ans (page105) qui se plaignait de ses parents, particulièrement envahissants :

« Le rôle d’un clinicien n’est pas de prendre parti, il n’a pas à s’inscrire dans un conflit ou dans un rouage institutionnel, sauf si la loi l’y engage … »

 Après cette dernière information, on peut se demander, quel est alors le rôle du psychologue ? 

Dans « Une technique, une technologie », après un bon mot d’Enzo 14 ans, (page 53), l’écrivain se remémore une conversation qu’il a eu avec un ami qui, las de toutes les réponses négatives de Samuel aux questions qu’il lui posait à propos de sa façon de pratiquer le métier de psychothérapeute, lui dit à peu près ceci :
 Si tu ne guéris pas tes patients, ni ne leur apportes l’affection qu’ils n’ont pas chez eux, si tu ne les conseilles pas, ne les éduques pas, ne les orientes pas, ne les aides pas à sortir de leurs galères financières, si tu ne les soutiens pas, et ne leur enseignes rien, tu leur fais quoi au juste ?

La réponse de Samuel Dock est déroutante à première vue, mais tellement simple et humaine qu’elle embellit l’image que l’on se fait du métier de psychologue.
 « Je ne sais pas ce que je leur fais, mais je leur fais du bien. » répond-il.
La spécificité de ce métier pour le clinicien, fait qu’il se place au croisement du soin, de la philosophie et de la recherche intellectuelle.

Et cette particularité rend possible, l’émergence de la parole, de l’imagination et de la personnalité ajoute Samuel Dock.

C’est ainsi que l’on constate, que ces adolescents en consultation, que l’auteur a choisis pour Punchlines, ont la langue plutôt déliée lorsqu’ils dialoguent avec lui.
 On se surprend à sourire, à rire même, en lisant ou en relisant un passage succulent, un bon trait d’esprit ou une métaphore hilarante, à chaque fois avec tendresse, bienveillance, sachant que pour ces adolescents, un passage chez le psychothérapeute est rarement anodin.
Il est évident que derrière ces constats tranchants d’adolescents et ces punchlines dignes parfois de performances d’humoristes confirmés, une souffrance plus ou moins importante se cache, malgré l’apparence légère de la forme des propos tenus.

 A la fin de la lecture de Punchlines, une chose importante a retenu mon attention.
Pas un seul adolescent ne parle de ses parents de façon positive.
C’est banal me direz-vous. Certes, dans l’état actuel des choses. Mais ce n’est certainement pas une fatalité.

 « Mes parents sont des clowns », « ma mère est une cruche » », l’autosuffisance de ma mère me saoule », ou encore « mes parents font comme si je n’existais pas », « c’est moi qui consulte mais c’est ma mère qui va droit dans le mur » confient les jeunes patients à leur psychothérapeute.

 A la lumière de ces constats faits à propos de leurs géniteurs, il semble qu’il serait salutaire pour tout le monde, qu’à chaque demande de consultation pour un adolescent, émanant d’une institution, d’un père ou d’une mère, peu importe, une consultation obligatoire pour les parents soit exigée. 
Avec de la bonne volonté il n’en pourra résulter que du bien.

 Samuel Dock termine Punchlines sur une note d’espoir :
Il souhaite que les adolescents « renversent le cours du temps, lestés de connaissances, dépouillés des tabous d’antan, le savoir en un clic, la vie à portée du cœur, plus tolérants et plus cohérents que leurs parents, qu’ils distancent les vieux grincheux, qu’ils fassent de ce monde un endroit plus harmonieux, un lieu où abriter leurs personnalités nouvelles. Leurs rêves aussi. »

Si j’ai pris le parti de recopier textuellement ces dernières phrases, c’est pour mieux apprécier le style recherché et toujours très travaillé auquel nous a habitué l’écrivain dans ses livres précédents, avec des images toujours belles, parlantes et poétiques quand il le faut.
Tout au long du recueil, Samuel Dock a su parfaitement jongler avec des styles différents, selon qu’il fait parler Sylvain, Nadia, Ethan ou Lydia ou tous les autres, ainsi que le psychothérapeute ou l’écrivain.

 L’auteur souhaite que cet ouvrage inaugure, un dialogue nouveau entre les parents et leurs adolescents.

Il nous dit (p 58) après avoir écouté Ethan parler de l’état du monde d’une façon lucide, « J’affirme une fois encore que l’adolescent est le témoin vigilant de son époque : sachons l’écouter !» 

 Si ce livre peut aider à dépasser les clichés concernant les adolescents et les stéréotypes sur la psychothérapie, souhaitons qu’il nous aide tous, à comprendre l’importance de la communication et surtout l’importance de l’écoute de l’adolescent.

« Oh mon Dieu, mon Dieu mon Dieu » ... il y a du pain sur la planche! 

 

Posté par avshareli à 21:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]


21 mai 2015

LE NOUVEAU CHOC DES GENERATIONS

10989040_815380125211204_1808279093754538359_n(5)

  Lorsque Samuel Dock me parla il y a quelques temps d’un nouveau livre dont il avait entrepris l’écriture avec Marie France Castarède, son ancien professeur, j’étais loin d’ imaginer qu’il s’agissait  d’un  essai  dont  l’actualité du  thème est aussi cruciale et l’urgence tellement évidente.

Je venais à l’époque, d’achever son excellent roman « L’apocalypse de Jonathan » dans lequel j’ai découvert l’élégance poétique de son style, son imagination remarquable, son sens de l’observation aigu, sa connaissance intuitive de l’humain venant s'ajouter aux connaissances techniques de sa spécialité de psychologue clinicien et surtout sa sensibilité à fleur de peau comme peut l’être celle d’un poète.

 Curieuse du comportement humain sans être psychologue, passionnée par les relations humaines sans avoir de connaissances solides en sociologie, mais passionnée de littérature, aimant  partir à la découverte  des idées tout en savourant les mots, j’ai pris le temps de m’arrêter parfois assez longuement en présence des références et citations de psychologues, de psychanalistes, de sociologues pour mieux saisir l’argumentation des auteurs.

La lecture de cet essai conséquent, ne peut à mon sens se faire de façon rapide, sauf peut-être pour les lecteurs ayant de solides références en sciences humaines et sociales, sans risquer d’être une lecture superficielle qui passerait à côté de beaucoup de choses et peut être même de l’essentiel.

 «Le nouveau choc des générations », écrit sous forme de dialogue entre deux auteurs, traite de l’avènement de cette génération appelée Génération Y , née avec l’essor du numérique.

 Retrouvailles entre un professeur, Marie-France Castarède  et son ancien étudiant Samuel Dock .

Il invite son ancien professeur à la présentation de son roman. Elle répond à son invitation et les évènements s’enchainent. Elle est admirative en découvrant le style littéraire du jeune homme. Ils discutent, elle lui conseille un livre qui sera le point de départ de l’aventure : « Le fossé des générations » de Margaret Mead.

Il le lit… simultanément ils pensent à l’élaboration d’un essai à « deux voix mais ensemble » dira M-F.C dans l’avant propos. L’histoire commence, elle durera une année entière avant que « Le nouveau choc des générations », né de rencontres,  de réflexions, de beaucoup d’émotion, d’échanges sincères et spontannés, n’apparaisse enfin sous la forme d’un livre de presque 400 pages.

 L’ainée a eu l’honneur de présenter l’ouvrage dans l'avant propos, le plus jeune, le privilège d’en rédiger l’introduction.

 Dans l’avant propos, M-F.C relate l’enchainement des circonstances qui ont fait possible l’écriture de ce livre pensé en commun avec S.D.  

 Elle spécifie à plusieurs reprises, que bien qu’elle fut  son professeur il y a quelques années, c’est  à son tour de l’écouter aujourd’hui « communiquer ses idées sur ce fossé intergénérationnel » et les rôles étant inversés, c’est lui qui l’accompagne nous dit-elle, dans son expression, la critiquant et l’approuvant, pendant qu’elle l’écoute avec ferveur.

Elle ajoute qu’il n’est pas question dans ce livre d’un discours docte et préconçu, mais d’une association libre d’idées, dans un climat sympathique, détendu, curieux et  bienveillant, de part et d’autre. Elle fait l’éloge de  Samuel qui « a su se montrer critique comme élogieux pour ses contemporains » et « a été capable de retenir ce qu’il trouve positif dans les idées et les conduites de ma propre génération» ajoute-t-elle.

 Dans l’introduction, le jeune écrivain présente clairement l’ouvrage et sa trame. Il précise les choix qui ont été les leurs et en donne les raisons. Il limite, balise, cerne le sujet et pose les jalons indispensables au cheminement du voyage du lecteur .

 Pour traiter de la fracture intergénérationnelle, ils ont pris le parti, d’aborder les modifications survenues dans le rapport à soi, au corps, à l’autre, ainsi que les nouvelles définitions du couple et de la famille.

 Ils ont choisi de parler de l’invasion des images dans la vie de l’individu, de la fulgurance du temps et de se questionner, au sujet des répercussions sur la vie psychique.

 « Nous avons voulu, souligne Samuel dans son introduction, approcher dans ce livre les transformations de l’intime. »

 Et c’est ainsi que tout le long du livre, l’échange entre les coauteurs nous renseigne sur ce que fut la vie intime de l’individu avant l’avènement du numérique et les transformations subies depuis, au sein de la génération Y. Les exemples donnés,  basés sur le vécu de chacun des deux auteurs, sont constamment étayés par des références aux travaux d’éminents spécialistes en sciences humaines et sociales.

 Marie- France Castarède semble, à l'instar des personnes de sa génération, consternée face à bon nombre de comportements et de styles de vie de la génération Y. Elle se défend à plusieurs reprises d’être pudibonde, mais  avoue avoir du mal à comprendre  des situations telles que l’explosion de la famille, l’individualisme à outrance, l’addiction à la technologie (facebook et jeux vidéos), les tatouages, percings et scarifications, la liberté sexuelle totale, qui de son point de vue a fait perdre tout charme et toute pudeur indispensables à une relation épanouie…

 Chacune de ses interventions glorifie la plénitude et la quasi- perfection de son époque en comparaison avec celle, actuelle de la génération Y.

Mais comme le lui fait remarquer Samuel tout au long de l’échange, elle semble zapper tous les abus et les injustives qui ont cantonné les femmes dans un statut inférieur à celui de l’homme par le passé.

M-F.C  semble oublier, les fausses croyances, les traditions despotiques patriarcales, pour ne garder que l’impression nostalgique  d’un monde éthéré, idéal, créé par les hommes et pour les hommes, dans lequelles les femmes, les enfants et les minorités étaient  laissés pour compte.

Je reprends une très belle phrase que Samuel écrira dans la conclusion :

 « j’ai pu remarquer à travers tous nos échanges que vous décriviez un passé dont toute aura négative était supprimée ou considérablement minimisée, de sorte qu’il n’en émanait plus qu’un idéal cyclopéen, magistral ».

 Samuel, pour sa part, a dans de longues explications stucturées, donné son avis au sujet de ces transformations, à l’aide d’exemples vécus ou observés au sein des membres de sa génération. 

Dans ses interventions toujours riches et judicieuses, le lecteur qui se sent destabilisé face aux comportements de la génération Y,  pourra trouver des réponses éclairées à de nombreux questionnements.

 Il a souvent été question de fossé entre les générations. Ici, il s’agit carrément d’un Choc. Un  choc entre deux générations foudroie, bloque, terrasse. Seul un dialogue sain et continu peut permettre de le surmonter.

 Un fossé est séparateur et selon sa profondeur, il ne peut être franchi qu’au moyen d’un pont. Sa profondeur augmente avec le silence et le refus de s’écouter. Ce pont entre les générations ne peut exister que grâce à la communication, au langage.

 Seul le dialogue bienveillant, d’où est bannie toute mauvaise foi de part et d’autre, avec beaucoup plus de sagesse et de générosité de la part des anciens, peut permettre que deux générations successives et contemporaines, ne se tournent pas le dos et ne vivent pas dans l’incompréhension la plus totale.

 Samuel Dock, à plusieurs reprises, en accord avec M-F.C , insiste sur le rôle essentiel du mot, du langage, du dialogue ; il pense que le rejet intergénérationnel entrave la parole qui pourrait amener à une compréhension mutuelle. 

 Aucune génération n’a été dans la continuité totale avec la génération qui l’a précédée. Or, les dissemblances sont plus importantes selon les siècles et ont tendance à augmenter d’une manière proportionnelle à «la rapidité de l’écoulement du  temps.»

La notion d’ accélération du temps est excellemment bien développée par Samuel Dock, de la  page 172 à  la page 188, alors que  les répliques de Marie- France Castarède lui ouvrent de nouveaux champs de réflexion, donnant lieu à des raisonnements brillants de la part du jeune écrivain, aboutissant à des constats admirables comme celui-ci lorsqu’il parle de réseaux sociaux, facebook en l’occurrence :

 « … le futur n’est pas connu qu’il est déjà présent; le passé n’est pas encore passé qu’il est déjà révoqué. Le raisonnement ne dispose plus de délais pour se construire, il se confond dans l’acte. La réflexivité l’emporte sur la réflexion. »

 Dans ses envolées explicatives pleines de passion, qu’elles soient  philosophiques, psychologiques ou sociologiques Samuel pratique l' art de la réthorique d'une façon magistrale.
De plus, l’écrivain n’a à aucun moment abandonné son goût pour les tournures littéraires élégantes, poétiques et pour les effets de style raffinés, tout au long de l’écriture de cet essai.

 Ne pouvant reprendre toutes les phrases que j’ai appréciéess j’en recopie quelques unes que je trouve particulièrement belles :

 « En écrivant ces lignes je ressens une intense nostalgie pour cette aurore avant la clameur … » (p340)

 « Des mots pour percer à travers les brumes du temps, un rayon jusqu’à autrefois.  Une voix pour protéger, pour ne pas perdre encore ce qui était jadis. » (p 340)

 « Vous me disiez cette beauté. …quand tout était sûr. Et moi je vous disais  ce qui n’allait pas. J’amenais la pluie. Je vous laissais le beau temps."p( 346)

 J’ai lu dans certaines critiques, que « Le nouveau choc des générations » écrit par deux personnes de culture européenne et occidentale ne peut être pris comme un exemple universel. 
Il est vrai que dans les sociétés ne possédant pas la même histoire, ni la même culture que celle de la société dite occidentale, on ne peut parler, du moins pour l’instant, de mêmes orientations pour l’avenir .
La technologie s’est certes développée dans de nombreux pays aux traditions très différentes de celles de la civilisation  occidentale, mais des freins très puissants, puisés dans la religion et les traditions tentaculaires, inhilent tout désir ou du moins, entravent toute possibilité de liberté individuelle, dans le sens occidental du terme.

 La sacralité de la Mère, le rôle des ascendants et la place prépondérante de la famille d’un point de vue général, ainsi que les différents interdits punis même par la loi lorsqu’ils sont bravés, empêchent dans l’immédiat cette désolidarisation des individus, qui offre une liberté certaine, mais mène aussi à l’ individualisme et par là même au Narcissisme dont parle Samuel Dock, concernant la génération Y. Concept qu’il développe  brillamment  dans la partie «  l’ amour de soi-même »  p 62 à 67 .

Mais ne nous leurrons pas,  ce n’est qu’une question de temps. Il est clair que « l’ascendance du système économique sur le système social, conduit invariablement l’individu qui ne peut plus s’appuyer sur les anciennes unités traditionnelles de sens, à se retrancher sur le Moi, sur cet hédonisme de survie », pour reprendre les mots de Samuel Dock page 344.

C’est ainsi, que même les sociétés qui s’imaginent avoir échappé à cette évolution implacable, ne sont qu’en sursis avec la mondialisation galopante, l’essor de la technologie et la place toujours plus grande du numérique dans la vie de chacun .
La révolution latente se fera réelle, en dépit de toutes les croyances établies, des traditions séculaires et des « forces résistantes. »

 Cependant, l’échange passionnant entre les deux auteurs eût été beaucoup plus performant de mon point de vue, avec la participation d’une troisième personne qui eut représenté la génération intermédiaire.

Avec une différence d'âge de 45 ans, les deux auteurs appartiennent à deux générations, que trop de choses séparent.  
Samuel Dock  pourrait être le petit fils de Marie-France Castarède.
 Entre les deux, on note comme un chainon manquant.
La génération de l’âge des parents de Samuel, est à mon sens suceptible de se reconnaitre dans les descriptions que fait Marie-France Castarède de son passé, tout en ne se sentant pas perdue face à nombre de comportements et de goûts de la génération Y, décrits par Samuel Dock.
Musique techno, métal, ou électro, jeux vidéos, films d’animation, utilisation du numérique pièce rapportée, mais devenu aussi indispensable que pour la génération Y, prépondérance de l’individu sur le groupe, voilà des concepts complètement assimilés par bon nombre de personnes de la génération immédiatement antérieure à celle de Samuel.
Avec un dialogue maintenu, le passage d’une génération à l’autre peut se faire plus en douceur .
Dans la conclusion Samuel demandera, «comment ma génération pourrait-elle entendre ce que vous ne lui dites pas?»

 Le vécu des coauteurs, leurs références scientifiques, les hypothèses qu’ils émettent l’un et l’autre pour tenter de porter un éclairage sur ce choc générationnel, sont non seulement d’une extrême richesse mais peuvent aussi suciter de nombreuses réflexions sur le thème et générer de plus amples débats.

Le nouveau choc des générations est un livre essentiel, qu’il faut lire absolument.

 Génération Y, taxée de tous les maux par ses ainés, alors que dans son corps elle porte plus qu’un ideal déçu, nous dit Samuel Dock, elle porte une civilisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par avshareli à 08:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 novembre 2014

Geste et Lumière

21 mai 2014, 01:21

Lors de ses dernières expositions, l’artiste Ahmed Al Barrak nous a habitués à nous plonger à travers ses toiles   dans la mémoire de la ville de Tanger (« Traces »)  dans   sa culture millénaire , sa lumière et sa réalité citadine («  Graffitis »), aujourd’hui il nous revient avec un ensemble d’œuvres  faites expressément  pour l’exposition Sete Sois Sete luas de Ponte de  Sor , au Portugal. Le Portugal, pays voisin qui partage avec le Maroc une histoire particulièrement  riche,  dont la mémoire  est soigneusement entretenue à travers vestiges et architectures dans plusieurs villes du royaume sur la côte méditerranéenne et atlantique.  

Ahmed Al Barrak présente aujourd’hui une vingtaine de toiles sur le thème « Geste et lumière » travaillées avec énergie, fougue et passion, presqu’en continu, comme travaille tout artiste lorsque le tourbillon de l’inspiration l’enchaine, l’emporte et le transporte.

Inspiration née du geste et  du mouvement, née de la lumière et  donc par là même, de la couleur.  

Déclinaisons de bleus intenses, ou    fonds plus sombres   virant parfois au mauve, le travail de l’artiste semble toujours en quête de transparences  dont la maitrise fait émaner une luminosité spéciale, celle de l’atmosphère méditerranéenne. Des petites taches de couleurs chaudes distribuées avec parcimonie viennent réchauffer tous ces bleus comme le feraient des taches de soleil filtrant, quand l’ombre devient nécessaire.  Dans le sillage de grands gestes générateurs de lignes courbes ouvertes ou fermées, semblent apparaitre tour à tour, visages d’enfants curieux, têtes hirsutes aux  yeux dilatés sur le monde, clin  d’œil complice sorti d’on ne sait où, fenêtres ouvertes sur  l’immensité du bleu, personnages oniriques remontant du  fond des  mers…  

Interrogé sur son travail, l’artiste  nous dit :   «  Quand je peins je ne me pose aucune question, je suis guidé par mon instinct, mon goût, ma culture, mon état d’âme du moment les couleurs posées en appellent d’autres, je couvre, je gratte, je trace des lignes en de larges mouvements de brosses ou de couteaux, je les laisse se répondre et appeler d’autres lignes s’il le faut. J’ouvre, je ferme, j’enserre, je libère, ça c’est mon rôle de peintre. Lorsque ma toile est achevée et offerte au regard du public, ce dernier est libre de l’interpréter à sa manière et d’en ressentir ou non les émotions qu’elle dégage  et  les vibrations qu’elle peut émettre. »

 Ahmed Al Barrak  profondément imprégné par  la culture et  la lumière du Détroit nous fait rêver à travers ses toiles, en jouant avec la couleur,  le geste la lumière.

   Hafida Aouchar 

 

                                                                                                      

 

Posté par avshareli à 00:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

05 avril 2013

Les mots sont dociles à qui les aime...

Je poste aujourd'hui sur "Cogitations et monologues" des textes que j'ai écrits lors de la parution  de livres  que j'ai appréciés.
Je les avais publiés uniquement sur mon mur  FB.
Si je les ressors maintenant c'est d'une part pour les partager avec ceux qui ne sont pas mes contacts  sur FB et d'autre part car je ressens un  besoin profond de purifier mon blog que j'ai un peu fait souffrir en ce début de semaine en recopiant toutes ces phrases du roman Jaabouq de Hicham Tahir,  aux  éditions " Casa- Express",  exercice que j'ai jugé le plus judicieux pour dénoncer les sombres motivations de certains éditeurs qui font tout  un tapage autour d'un livre dont la publication aurait du se passer dans la plus grande discrétion  par simple respect du lecteur. A vous de juger si vous êtes intrigués http://avshareli.canalblog.com/archives/2013/04/03/26825590.html

Sinon, je vous conseille fortement les deux romans qui suivent, premiers romans de leurs auteurs et les deux recueuils de poésies premières publications aussi du poète.

"Contact" de Cécile Portier  ( Seuil Déplacements)

"Topolina" d'Astrid Waliszek (Grasset) 

" Ménines miennes" et " Archispell" de Rémy Verneuil ( Editions Jentilak)

Posté par avshareli à 19:41 - Commentaires [5] - Permalien [#]

Contact de Cécile Portier

Que dire à propos de Contact,  sinon qu’il Faut le lire.

J’ai fait le voyage  avec le personnage, du km 0 au km 669 en ne quittant la voiture qu’au moment des arrêts, sans pour autant quitter les pages. Chaque mot, chaque phrase  démultiplie le voyage, le trajet.

L’histoire « socle » est si vraie, si prenante  et si humaine,  que l'on est tenté de la prendre comme le but en soi du récit,  mais les cogitations du personnage avec ses associations d’idées  d’une richesse inouïe, et les digressions fluides et systématiques nous empêchent de ralentir et de nous arrêter.  C’est grisés par la vitesse  que nous empruntons le récit comme le personnage emprunte l’autoroute.

Et en effet l’auteur nous dit dans la postface : «  le récit  exige beaucoup de celui qui l’emprunte. Le récit veut de la continuité de la vitesse de l’efficacité. »

Pour parler de Contact de Cécile Portier j’emprunterai les mots que  Bernard Noël a utilisés pour parler de « la question du sens » dans l’écrit :

« Pour la plupart des gens, le sens est l’explication... Le sens ce n’est pas ça, c’est le mouvement de la vie... Ça  n’en finira jamais de dire et ça n’est intéressant  que  si ça n’en finit jamais de dire. Si l’explication épuisait le texte, le texte n’aurait aucun intérêt une fois épuisé. »

Posté par avshareli à 19:26 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Archispell de Rémy Verneuil

Je me délecte à la lecture du   recueil de poésies Archispell de Rémy Verneuil, poète, artiste plasticien et numérique, illustrateur, auteur de textes et scénariste,
Rémy Verneuil a publié deux recueils de poésie ARCHISPELL et MENINES MIENNES auc EDITIONS JENTILAK. 

IL tient aussi un blog  http://remy-verneuil.over-blog.com  

Le recueil Archispell commence par un préambule écrit par l'auteur. Et c'est à mon avis l'un des textes de présentation les plus beaux et les plus poétiques qu'il m'a été donné de lire d'un auteur à propos de son oeuvre. Tout ce que je pourrais en dire serait insuffisant, je préfère vous le transcrire tel quel, car après l'avoir lu , je suis sûre que vous aurez envie de connaitre l'oeuvre de cet artiste plus amplement.

ARCHISPELL

 "On peut voir mes textes poétiques comme des îles avec toutes les variantes dont on peut les désigner : îlots, atolls, récifs. Le recueil ou groupe de textes en serait un archipel. Autrement dit, il faut être ou tout au moins se prendre pour un marin, aventurier ou touriste, découvreur ou trafiquant, pirate ou ermite - que sais-je encore ? - pour les appréhender, les aborder, les pénétrer et les connaître. Et, il faut le dire, il y a des gens qui n'ont pas le pied marin pour un sou ! 

 Alors, quand, par courage, par préférence ou par destin, on ne s'en tient pas qu'aux rumeurs et autres récits, il y en a sur lesquelles on aime à s'attarder ou s'installer ou sur lesquelles on aime à revenir. Et quand on ne les protège pas outre mesure comme des joyaux personnels dans des écrins d'égoïsme, on aime à en parler ou les faire découvrir.

 Une île, c'est avant tout, croit-on, des limites, un lieu clos, mais ce n'est qu'une apparence car les fonds marins plus ou moins profonds et obscurs les relient entre elles ou au continent. Des phénomènes puissants et subtils les relient aussi, météorologique, migratoires et aléatoire etc. Et plus modernement ou technologiquement parlant, elles sont parfois reliées par des ponts et tunnels.

  L'intérêt d'une île, c'est qu'on peut y trouver des êtres et choses, configurations et merveilles qu'on ne trouve pas ailleurs, sauvegardées qu'ils sont par l'isolement et le biotope ou microcosme particulier ainsi généré. On le trouve, dans la splendeur de leur diversité, sous différents climats composées de géo-morphologies, de peuplements et d'histoire spécifiques.

 Mais c'est vrai, sur certaines on ne peut poser le pied soit qu'elles sont trop exigües soit que leurs rochers sont trop aigus soit que leurs grèves se révèlent être des sables mouvants soit que leurs abords marécageux aux entremêlements de racines de palétuviers sont compliqués.

 Sur d'autres on ne pose pas le pied parce qu'elles ne donnent pas envie (tout simplement) et enfin, certaines autres, on ne les trouve pas sur sa route ni sur la carte ! C'est encore plus simple.

 Il y a celles dont on ne trouve pas d'accès (trop escarpées, trop encombrées de végétation) alors on se contente d'en faire le tour en imaginant, en en fantasmant l'intérieur.

 Par contre il y a celles dont l'accès est aménagé voire sur-aménagé sous forme de port de plaisance, de commerce ou industriel. Et puis il y a celles dont l'accès se fait par des criques, anses et calanques sauvages et intimes ou par de profonds et impressionnants abers, rias et fjords ou encore par de vastes plages de sables ou de galets sur lesquelles il faut savoir s'échouer.

 On peut affirmer qu'il existe de fausses îles, artificielles : plate-formes pétrolières, barges déguisées. C'est certain, il y a aussi des îles dérivantes, délirantes, divagantes et même des îles fantômes.

Il y a les îles magiques, celle de Circé, d'Avalon, les dangereuses, celle des Cyclopes, d'Ys, les fastes au sort néanmoins funeste, celle de l'Atlantide, les îles de l'amour, celle de Cythère, les sanctuaires, les désertes, les interdites, les curieuses, les exotiques, les jetset, les pénitentiaires etc.

 D'ailleurs, à bien y regarder, les mots sont eux aussi des îles et les phrases en deviennent des archipels. Et ne peut-on pas dire la même chose des lettres -îles constituées en mots-archipels ? Mais j'y pense, à l'opposé, le livre ne pourrait-il pas devenir lui aussi une île et donc ...

 Certes, je ne fournis pas de carte bien précise ; souvent les îles dessinent leur propre carte avec leur propre sémiotique parfois quelques peu ardue à déchiffrer quant elle n'est pas, par jeu, cryptée.

Et peut-être est-il profitable, faut-il connaître un peu les courants (littéraires ?), les vagues (de la mode ?), les vents (de l'inspiration, équipage, capitaine y compris (soi-même ?) ! 

 Allez savoir. L'important est sans doute de s'y retrouver".

 Rémy Verneuil

 

Posté par avshareli à 19:25 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Ménines Miennes de Rémy Verneuil

J'ai eu l'immense plaisir de tenir entre les mains le  recueil de poésies de Rémy Verneuil "Ménines Miennes". Dans un préambule, le poète nous parle des Ménines de Vélasquez et de leur rapport avec le choix du titre :  " Entre cette oeuvre , son créateur et la mienne et moi-même, c'est pour ainsi dire une histoire de gouffre de dissemblance et de passerelles de résonnance." Il ajoute :" Me plait l'idée de considérer mes textes comme des demoiselles d'honneur, des suivantes au service de mon infante expression poétique" et avec  cynisme il ajoute "mes demoiselles sont parfois d'horreur, je le conçois..."

J'essaye de dire quelques mots à propos de son oeuvre mais je me retrouve à le citer constamment, probablement parce que lui même parle de son travail beaucoup mieux que quiconque ne saurait le faire.

Je vous conseille fortement de vous  procurer ce recueil dont chaque poème vous réjouira. Diversité de thèmes diversité de tons.  Parmi mes préférés, des poèmes à  propos de peintures et de sculptures...la formation plastique du poète fait de ses vers et de ses mots de véritables toiles et de somptueuses sculptures de marbre.

Une pagination déjantée "compte à rebours" ajoute à l'originalité déjà bien notoire du poète...

Posté par avshareli à 19:24 - Commentaires [2] - Permalien [#]

03 avril 2013

Jaabouq de Hicham Tahir

Un jeune "écrivain marocain francophone" , Hicham Tahir a publié des nouvelles sous le titre de " Jaabouq" aux éditions Casa Express.

Mon libraire m'en a parlé ...
Je l'ai donc lu.

En cherchant à m'informer plus amplement au sujet de l'auteur, j'ai été étonnée par l'ampleur du tapage fait autour de ce livre :

- présentations et lectures/signatures dans diverses librairies ,

- nom de l'auteur associé à celui de Fouad Laroui ( rien que ça ) lors d'une présentation à l'ESJ de Paris,

-reçu par le cercle littéraire de la Fnac maroc

J' ai donc pris le parti d'en parler dans "Cogitations et monologues".

Dès les premières pages j'ai ressenti le besoin de souligner certaines phrases très mal tournées, mal construites, des non sens et des expressions mal à propos.

Mes yeux saignent m'a dit un ami écrivain à la lecture de certains extraits que je lui ai envoyés.

Je vous laisse le soin de juger ces quelques phrases qui vous donneront un avant goût du recueil. Ces extraits sont suffisamment éloquents. Mes commentaires écrits sur le vif lors de ma lecture de ce livre sont ajoutés entre parenthèses.

P 19 : "Si j’écris c’est parce que je sais le faire" . (le ton est donné).

P 19 : "J’aurais aimé avoir un père soûlard, qui me maltraiterait... ( préféré eut été plus adéquat sinon on risquerait de penser que le narrateur est maso, ce qui n'est pas le cas).

P 20 : "Mon écriture m’est propre à moi." (qu’est ce qui ne le serait pas, avec autant de « m » ) .

P 21 : "…je suis descendu dans l’autre rive…" ( carrément dedans ?) .

P 23 : "Mes mains sèches et percées." ( faut consulter !)

P 23 : "Pour mon père je n’étais qu’une charge dans son petit budget" ( en me déposant, le budget aurait-il été plus léger ? )

P 27 : "Les fesses, c’est une force, la plus grande bénédiction offerte à la femme dans ces pays misandres." ( le Burkina serait -il le pays des Amazones à notre insue ?)

P 31 : " Au hamman je n’oubliais pas de stimuler les disputes avec les seaux." (cliché complètement éculé , de plus la stimulation n’est pas très appropriée dans ce cas )

P 32 : "Nous étions là , dans la mer de Tanger, sous le froid des rochers et la cruauté des grains de sables…" ( quelle poésie… dans la mer carrément ? les sables étaient-ils nombreux ?)

P 33 "Deux jours sans douche." (Quel drame pour quelqu’un de miséreux qui vit dans un taudis en temps normal ! La douche devait être probablement son principal souci en attendant la "patera" !)

P 33 : " Le temps est arrivé. Oui le temps est la pire création de la race humaine…" ( ne s’agirait-il pas plutôt d’heure ? C’est une phrase qui peut engendrer le courroux des cieux... )

P 33 : "On nous avait prévenus quelques instants avant son arrivée qu’on allait devoir rompre afin que la police ne nous voie pas." ( il s’agit de candidats à l'émigration ou d’un corps d’armée ? )

P 33 : " Nous avons couru et nous avons tous sauté dans cette barque assez grande pour supporter trois kilos de homards, cinq sardines et quelques crevettes sans crainte qu’ils ne s’entassent. (no comment)

P 34 : "Des vagues de devant et de derrière, de droite et de gauche. ( ?)

P 34 : "Avec nos mains qui tentaient tant bien que mal de s’accrocher à la vie en évitant de tomber. ( elles ont bien fait sinon vous auriez tous fini manchots )

P 35 : " A chaque fois que j’essayais d’ hurler… ( il faudrait peut-être aspirer ce H pour ne pas hurler)

P 35 : "L’eau me regardait et souriait bougrement" (no comment)

P 35 : " Une autre vague arrive, qui m’emmène avec elle, au fond de la mer avec les poissons grands ou petits… ( moyens aussi , non ?)

P 35 : "Ces fesses qui m’assuraient la survie sur la glaise." ( Le dictionnaire "arabe/français" joue de mauvais tours quand on ne maitrise pas à fond une des langues)

P 37 : " Comment nos petits sveltes corps se juxtaposaient…l’un contre l’autre…l’un sur l’autre. ( si on les met l’un sur l’autre on pourrait les superposer plutôt...de plus les adjectifs sont agencés de façon acrobatique peu heureuse)

P 38 : "Cette lèvre festive, comme le ciel du 14 juillet à Paris…" (no comment)

P 41 : "Pour revenir à ma mort , je me suis ôté la vie de mes propres mains…" ( Beaucoup trop de "m" )

P 41 : " Je suis la personne enterrée six pieds sous terre ( pourquoi pas , mais quel est le rapport entre le Far West et le personnage?)

P 42 : "…je suis descendu en bas" (c’est bien de le préciser! )

P 44: "…il s’approchait doucement, doucement, comme un voleur voyant de l’or devant lui, comme un lion affamé devant un troupeau de gazelles" ( comparaisons très originales)

P 46 : " Ce soir là je m’étais mis à la baignoire, je m’étais coupé les veines." ( on se met à la baignoire, on se met à la boisson...)

P 48 :" Je suis né dans le mauvais territoire." (‘no comment)

P 51 : " …c’est beaucoup plus alléchant, plus bon, meilleur." ( plus bon c’est la cata totale)

P 53 : " Il sent l’homme crade , sous les épaules, cette odeur de sueur "…( où ça ,sur les omoplates ou s’agirait-il plutôt d’aisselles ?)

P 59 : "Elles étaient fermes ses longues jambes qui ne se terminaient jamais." ( la pauvre ! Des jambes interminables ont une petite nuance avec celles-ci)

P 61 : " Une société qui n’arrêtait pas de me montrer du doigt au point de me crépiter la vue. ( ?)

P 63 : " Je me suis réveillée de mon hivernage. ( bovin , ovin ou marin ?)

P 66 : " …en te voyant te geindre de la sorte aucun homme ne voudra de toi." ( ne te geins pas et le tour sera joué)

P 68 : " ...ce garçon allait devenir cavalier dans les carnavals…" (on est au bled ou à Rio ? Il ne s'agirait pas plutot de fantasia ?)

P 71 : " Mes deux petites sœurs étaient emmenées chez ma grand-mère surveillées par sa belle-fille. ( Qui surveille qui ?)

Bref, je vous fais grâce des trente pages restantes. Que ce monsieur ait envie d'écrire, c'est son droit. Qu'il ait trouvé un éditeur aussi complaisant, c'est son affaire.

Mais faire une telle publicité autour d' un livre aussi mal écrit est un acte de mépris pour le lecteur, à dénoncer. Je ne parlerai même pas du fond, la forme étant par trop consternante.

Quand on se targue d'écrire dans une langue il faut la posséder. Comme dans tous les arts , il est indispensable de connaitre les règles, pour pouvoir ne pas les appliquer.

Aucune circonstance atténuante n'est tolérable pour justifier les faiblesses, manques, lacunes et défaillances d'un auteur.

Mais actuellement il est désespérant de constater combien la médiocrité est cautionnée, et souvent portée aux nues.

Posté par avshareli à 17:43 - Commentaires [20] - Permalien [#]

30 janvier 2013

Vous avez dit, "Littérature"...

 

Je suis agacée d'entendre parler de littérature au rabais sans n'avoir jamais rien lu des auteurs désignés sous cette appellation peu flatteuse.

Pour avoir même été inscrite à ce groupe " Non à la littérature au rabais" sur facebook par mes amis, j'ai décidé de  lire les auteurs incriminés pour me faire ma propre petite idée.

Ces auteurs connaissent un immense succès alors que  sur blogs et forums quand un ami ou contact "avoue" avoit lu un de ces auteurs il le fait  honteux, en s'excusant presque . J'ai donc pris mon courage à deux mains hier  et me suis inscrite à la bibliothèque du centre français près de chez moi .

Ben oui, j'ai pris mes précautions, je n'allais pas investir une petite fortune (les livres sont chers de par chez moi ) dans une littérature qui peut-être ne séjournenra pas dans ma bibliothèque.

Marc lévy, Katherine Pancoll et Anna Gavalda trônent  sur mon bureau depuis hier soir. Je viens d'attaquer "Les yeux jaunes des crocodiles" de Pancol...je vous dirai...

Quelques jours plus tard

Je vous ai parlé de cette "littérature" à gros succès , dénigrée par plusieurs lecteurs qui la nomment "littérature au rabais". J'ai donc décidé de lire Pancoll, Gavalda, Lévy pour me faire ma petite idée. Vous avez été nombreux à commenter vous qui les avez lus et je vous avais promis de vous donner à mon tour mon point de vue.

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancoll  ( Albin Michel)

Pavé de plus de 600 pages

Nombreux personnages .

Un super PDG au sublime physique et au compte en banque inépuisable.

Un autre PDG plus vieux, d’origine plus humble, mais ô  combien bon et grand  malheureux dans la vie, auprès d’une femme froide et monstrueuse d’égoïsme, mais heureusement,  l’histoire a un heureux dénouement avec sa secrétaire adorable femme pulpeuse à laquelle il fera un enfant,

Une héroïne bourrée de défauts apparents,  mais avec un fond si riche qu’il en est éblouissant et finit par  éblouir jusqu’à sa méchante sœur et un intellectuel beau et ténébreux, au jumeau dont l’étonnante ressemblance créera  une confusion dans les sentiments de notre fragile protagoniste.

Un mari qui fout le camp avec la coiffeuse et qui monte une affaire de crocodiles en Afrique, qui heureusement tournera mal, quand  il se fera bouffer par son élevage.

Une sœur, d’une beauté qui n’a d’égal  que son nombrilisme avec des yeux bleus  dont le bleu unique et jamais vu rend dingues tous les hommes.

Plein d’adolescents grands et virils, de jeunes filles au corps de déesse, de Prada , de  I phone, de Ipade , d’examens et de réussites.

Une amie , voisine et confidente de la protagoniste, belle et championne d’arts martiaux,  au secret qu’elle a raison de bien garder car elle est la fille cachée d’Elisabeth d’Angleterre…

Bon j’arrête c’est bon, je crois que j’ai tracé un tableau suffisamment éloquent.

Le style est sans intérêt, Pancoll écrit comme la voisine de palier qui aurait échoué au passage en seconde mais qui aurait réussi au BEPC.

On n’y trouve rien  de remarquable, rien qui pousse à la réflexion, rien de particulièrement poétique. Des histoires parallèles de vies invraisemblables. Ce ne sont même pas des contes de fées, car le roman se veut réaliste.

 

Anna Gavalda « je l’aimais » ( la dilettante)

Histoire banale d’une jeune femme quittée par son mari pour une autre. Moins banale car un tête à tête avec son beau père, qui dans la vie est un mari et un père assez froid et dur, mais que le drame de la jeune femme va faire  parler pour une fois.

Il se racontera et parlera de la lâcheté qui fait qu’on ne part pas quand on aime ailleurs.  Il expliquera comment le goût du confort et la peur du regard des autres coupent les ailes et fait passer à côté du bonheur.

Des réflexions intéressantes souvent profondes.

Le style incolore et inodore manque d’âme, c'est dommage.

 

J’ai commencé  «  Et si c’était vrai »  de Marc Lévy, je n’ai pas pu en terminer la lecture. Il ne  m’a pas accrochée un seul instant. J'ai été totalement insensible au thème et à la façon d’écrire de Lévy. Style complètement plat.

 Après ces lectures, je me suis donc fait ma petite idée au sujet de ce qu’on appelle « littérature au rabais ».

Cette appellation péjorative est insultante pour le nombre important de personnes qui apprécient  ces livres .A quel titre  s’arrogerait-on  le droit de dicter aux autres leurs lectures ?

Le problème réside  uniquement dans l’appellation de ces romans. A mon sens  on ne devrait pas parler  de littérature mais de productions écrites.  L'unique  point commun de ces livres avec "la littérature" est l’utilisation de l’écriture .

Tout comme la pellicule cinématographique a été utilisée par Chabrol, Fellini, Chaplin, Bergman, Truffaut, elle  l’a été  aussi par les producteurs de Dallas, Top Model, Plus belle la vie…

Personne n’aurait le culot de nommer «  Plus belle la vie »,  une Oœuvre Cinématographique.

Il est donc erroné d'utiliser l'expression  «  œuvre littéraire »  pour ces romans.

 

Posté par avshareli à 09:56 - Commentaires [5] - Permalien [#]

15 janvier 2013

L'Apocalypse de Jonathan de Samuel Dock

« L’apocalypse de Jonathan » terminé,   j’ai l’intime conviction que nous sommes  en présence d’un écrivain entré dans la cour des grands par la porte principale.

On ne peut pas lire "l'Apocalypse" en attendant un taxi ou en étant assis  dans un bus en partance pour le boulot...Non,  il est nécessaire de s’installer au calme  en demandant la paix  à l'entourage. Il faut pouvoir communier avec Jonathan pour saisir la moindre de ses pensée, sensations et réflexions. Transformer les phrases si belles, écrites dans un style qui allie élégance, à  profondeur "hadopélagiale" du cerveau de Jonathan, en un monde réel fut pour moi un plaisir intense, durant lequel j’ai évolué tout le temps de ma lecture, ma besace d'émotions en bandoulière.

L’œil de Jonathan est un  scanner doublé des capacités d’une IRM. Rien n’échappe à son observation sans compassion. Le monde est mis à nu, écorché, les tripes à l’air. Cette objectivité sans concession nous déconcerte un instant, mais  nous oblige à un retour  sur nous-mêmes et « sur notre monde » et là bien des vérités nous lacèrent les neurones avec violence.

Jonathan, personnage hyper sensible à l’écoute de tout ce qui l’entoure, même de l’indicible  et de l’impalpable a le cerveau en surcharge, jamais au repos même la nuit lorsque son « négatif » prend la relève. Il révèle, à qui peut prendre conscience, comprendre et ressentir, ce mal être dont sont  responsables l’absurdité, l’incohérence, la cécité consentie, l’avidité et l’inconscience du comportement humain. Comportement qui nous mène vers « l’apocalypse » imminente.

A maintes reprises, tout le long de ma lecture, j’ai ressenti une impression  identique à  celle que j’éprouvais quand j’étais enfant, lorsque je trempais la main dans de  l’eau si bouillante que je ne savais plus si elle était glacée ou brûlante. Ou encore en mettant mon  pied nu dans la neige, je me demandais  si ce n’était  pas du feu. Cette confusion des deux extrêmes ne peut avoir lieu que lorsque les sensations et les  émotions qui en découlent sont  particulièrement fortes et à la limite du néant.

 Hafida Aouchar

Le livre est disponible en version papier http://www.amazon.fr/livre-achat-occasion-litterature-roman/b/ref=sa_menu_lv0?ie=UTF8&node=301061

En version numérique :http://www.amazon.fr/LApocalypse-de-Jonathan-ebook/dp/B007JH3JF0/ref=zg_bs_695398031_1

Le site de l'auteur : samuel-dock.com

Posté par avshareli à 18:54 - Commentaires [1] - Permalien [#]

09 janvier 2013

Moi, Ramsès le Chat... Mokhtar Chaoui

          

Moi Ramsès le chat

 de

 Mokhtar Chaoui

 Après deux romans réalistes, assez durs sans jamais être injustes envers la société marocaine  qu’il  raconte, Mokhtar Chaoui nous revient avec ce recueil de chroniques satiriques écrites en réalité non par lui, mais par Ramsès, un chat qui en est à sa septième et dernière vie.

Ramsès a beaucoup vécu , beaucoup vu et ne voudrait pas mourir sans nous faire profiter de ses observations et expériences.
Il scrute de ses yeux de félin et analyse avec son bon sens de vieux…chat, les situations et les comportements humains.

Il possède aussi une gentille compagne, pas toujours docile qui répond au doux prénom de Mimouna.
Elle est un peu semblable par ses comportements à ses sœurs humaines… Ramsès en profitera pour donner au sexe dit faible, quelques coups de griffes au passage, en parlant de Mimouna. Mais ne vous y trompez pas, aucune misogynie dans ses constats, car la gent masculine en prend tout autant, sinon plus pour son grade tout le long.

Ramsès cogite sur tous les sujets, politiques, sociologiques, psychologiques, économiques, métaphysiques…Il n’a pas froid aux yeux et nous rapporte ses observations pleines d’objectivité, dans un style satirique.
Passé maître dans l’art du calembour à force de jouer avec les images et les concepts, Ramsès... Chaoui (je ne sais plus) relate des faits assez durement mais de manière plaisante.

Deux cents pages dans lesquelles vous pourrez lire soixante huit chroniques, plus succulentes les unes que les autres, vous vous délecterez.
Je serais bien incapable de vous citer celles que j’ai préférées ou les plus percutantes. Dans chaque chronique il y a un petit quelque chose qui fait qu’elle semble surpasser les autres. Mais pour vous donner un avant goût, je vais quand même vous citer quelques jolis mots extraits de la chronique
« Terre de briques Maroc de braques » dans laquelle on traite d’écologie au parlement. 
J’ai relevé ces réflexions, pleines d’esprit :

«La langue de bois n’existe plus. Ils ont coupé tous les arbres »

« Bref notre Maroc n’a jamais été aussi bien cimenté dans ses principes, aussi bien im-briqué dans les nobles projets imposés par l’ONU… »

« Nous sommes le seul pays à détenir la composition chimique du rouge brique et de la décomposition du vert nature ».

Je vous laisserai le plaisir de découvrir les jeux de mots et tout le style particulier de l’auteur dans cette satire dont l’humour continuel atténue la dureté. Le ton moralisateur qui aurait pu être fastidieux concernant un sujet aussi sensible que la dénonciation des travers et tares d’une société, a été ainsi savamment évité.

Si vous êtes marocain vous vous y reconnaîtrez, y verrez vos voisins, vos concitoyens, vos responsables administratifs… Vous vous surprendrez à sourire, à rire, à vous frappez le front en vous disant « sacrément vrai et juste tout ça ! »
Si vous êtes étranger au Maroc, vous aurez un petit aperçu sur le pays, un peu différent de ce que vous vente le syndicat du tourisme national.
« Le plus beau pays du monde », clamons-nous à qui désire le visiter… !
L’un des plus beau, probablement, mais ça va être de plus en plus dur de rendre ce slogan crédible à cause de notre incivisme notoire, résultat de la gangrène qui ronge nos valeurs et qui n’est autre que La Corruption.

Merci Ramsès pour ce livre agréable à lire et qui nous met en présence de vérités aussi nues que crues et par là même terriblement dérangeantes.

 

 

 

Posté par avshareli à 14:28 - Commentaires [4] - Permalien [#]

24 décembre 2012

JHeska : Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir

pourquoi_les_gentils

 

Un peu avant l’an 2020 naissait un mouvement mondial par le biais du Net, le CIMONDISME.

Vers 2024, plus de 150 millions de membres actifs, adhèrent à cette philosophie.

 Le 20 juillet 2185 JHESKA nous avise que le livre que nous tenons  entre les mains est une compilation du journal de Jérôme  Laplace, cofondateur de ce courant de pensée. Ce jeune informaticien timide et effacé las d’essuyer refus et vexations au cours de sa jeune existence, s’est attelé  à comprendre le fonctionnement de ces « méchants » qui polluent la vie de leurs pairs sur terre et a essayé de trouver le moyen d’enrayer le règne des « antipathes » c’est ainsi qu’il les baptisera.

Ayant eu  un premier adepte en son ami  Etienne, malheureux  aussi car  bousculé et humilié à longueur de journée, Jérôme se verra dépassé par les évènements qui vont faire de ce souhait de « redresser » les « antipathes », un courant philosophique le « Cimondisme » jusqu’à ce que… je n’en dis pas plus à vous de découvrir la suite.

 JHeska nous emmène donc prendre connaissance  des pages  de ce journal écrit dans un style très simple, jeune, sans prétention mais plein d’humour. De cet  humour qui se veut une sorte de paravent pudique qui essaye d’occulter la profondeur et la gravité du thème abordé : «  Je suis normal et pourtant je me promène sans arrêt avec un poids sur la poitrine, celui de l’humanité que je n’arrive pas à comprendre » (constate le héros au début du roman.)

 On retrouve le même esprit que dans le blog « L’univers de JHeska »  quand l’auteur aborde les thèmes les plus variés sous forme de textes indépendants  regroupés  dans  « Un monde idéal ». Sur un ton badin, léger, les sujets abordés remuent, émeuvent, touchent, agacent, angoissent  tour à tour,  ne nous laissant  jamais indifférents, car toujours en rapport avec l’humain.

 « Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir » écrit sous forme de journal avec dates futuristes et horaires abracadabrants commence chaque journée  par un constat « philosophique » à propos de la vie. Chaque citation de l’auteur  qui commence par « La vie c’est comme.. . » est amusante, déjantée, sonnant parfois douloureusement : comme, « La vie c’est comme un vêtement blanc. On finit  toujours par y trouver des taches ».

 La couverture du roman est  très attrayante dans un délicieux bleu layette, mat,   représentant le ciel, piqué de petits nuages brillants, blancs et cotonneux. Des hélicoptères «  vert caca d’oie » la couleur préférée des militaires du monde entier polluent cette douceur et  par les hublots, apparaissent de vilains visages d’ « antipathes » extrêmement visibles par rapport au titre du livre et au nom de l’auteur écrits en blanc.

 Je conseille vivement la lecture de ce roman à tous ceux qui ne l’auraient pas encore lu et  je répète ce que je t’ai dit à chaud il y a quelques jours JHeska , quand je venais d’achever la lecture de ton livre :

 Très agréable à lire, on ne le lâche pas, émouvant, profond, plein d'humour, le lexique nouvellement créé va être relayé jusqu'à son adoption par l'Académie Française, chez moi on l'utilise déjà !

JHeska , j'attends ton nouveau roman.

 

Posté par avshareli à 12:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

21 décembre 2012

Dans cet immense théâtre...

 Les uns sont nés vernis, ils ont le rôle qu'ils souhaitaient et peuvent  jouer à leur guise,  mais  sont bien peu nombreux. Les autres, majoritaires,  se sont vus astreints à subir le leur.

Certains  jouent avec brio et sont presque convaincants. D'autres sont nuls à pleurer. La majorité s'accroche et continue de jouer le plus souvent assez mal. Plusieurs trichent et donnent la réplique en  lisant, incapables d'apprendre leur texte ou aimant tromper leur monde.

La représentation est longue, nous dirons même interminable. Les acteurs sont nombreux et souvent remplacés après une défection, généralement en dehors de leur volonté. Les spectateurs sont invisibles. Les scènes qui se succèdent, sont de plus en plus violentes et généralement  absurdes.

Certains acteurs  se posent des questions et auraient voulu prendre connaissance du scénario. Mais personne n'est là pour le leur raconter.  D' autres, plus nombreux sont persuadés du bien fondé de leur présence sur scène, s'agitent, répètent comme des perroquets les dialogues piochés dans un carton  sans se demander  un seul instant "mais qu'est-ce qu'on est venus foutre dans cette galère?". Ils jouent, prennent des poses, font des mines , semblent convaincus d'on se sait quoi et font semblant  d'être très heureux  dans leur rôle...

Pendant que certains marquent un arrêt au cours d'un geste ou au milieu d'une tirade , à cause d'un questionnement intérieur dérangeant, perturbant, donnant ainsi l'impression d'être à côté de leurs pompes. Ils  ont la capacité d'apréhender la situation  dans sa globalité et ce qu'il en voient et en comprennent, est pour eux frustrant.

La scène se remplit  de plus en plus à chaque nouvel acte, les jeux de rôles se multiplient, les mauvais penchants se développent et prolifèrent au sein des groupes d'acteurs.

Le reste de la salle est dans le noir intégral, rien n'apparait, ni spectateurs ni metteur en scène. 

Certains  chuchotent que l'essentiel du théâtre n'est pas l'auteur, mais le théâtre. Admirateurs de Giraudoux, ces derniers évoluent avec aisance, l'air tranquille, jouant leur rôle sans prétention aucune, avec simplicité, sans  trop de passion ni  d'illusion.

Plusieurs sont persuadés qu'à l'entrée du théâtre est accroché le titre de la pièce," Le train fou"  mais qu'étant tous entrés par la porte des artistes  ils n''ont pas pu le voir. Ceux là, refusent parfois de donner la réplique, s'assoient dans un coin, font de l'obstruction silencieuse, désenchantés qu'ils sont, depuis  que cette hypothèse les obsèdent.

D'autres, les plus véhéments, sont persuadés qu'à la fin de la représentation, quand les lumières s'allumeront, la salle croulera sous les applaudissements et  le metteur en scène viendra les féliciter...

Ce sont  les plus agressifs dans les propos, jouent avec ostentation, bousculent les autres acteurs pour se mettre en avant, même quand leur texte ne présente aucun intérêt. Ils crachent leurs opinions l'index levé,  refusent tout dialogue persuadés qu'ils sont, d'être dans le vrai.

Ce  n' est plus un jeu...

La scène prend  peu à peu l'apparence d' un immense foutoir!

 

Posté par avshareli à 11:17 - Commentaires [5] - Permalien [#]

07 novembre 2012

Rachida Madani " Contes d'une tête tranchée"


 

Je voudrais vous faire partager le plaisir que j'ai eu à lire le recueil de poésies de Rachida Madani " Contes d'une tête tranchée". La poétesse en a fait une lecture un dimanche à la Librairie "Les insolites" de Tanger , devant un public de lecteurs.

Rachida Madani est l'auteur de :

-Femme je suis ( Inéditions Barbare 1981) poésies

-Contes d'une tête tranchée (Ed. Al Forkane 2001) réédité sous le nom de "Blessures auvent (Ed. de la Différence 2006)

- L'histoire peut attendre (Ed. de  La différence 2006) roman

 

Rachida Madani

Lecture de poésies

« Contes d’une tête tranchée »

A la librairie Les Insolites

  

Dimanche 19 décembre à 11 h du matin, Stéphanie recevait ses habitués pour un brunch/lecture poésies. Cette rencontre a été programmée d’un commun accord par la libraire et la poétesse pour offrir les gains de la vente du recueil aux orphelins de l’hôpital Al Kortobi.

Ce fut une occasion rêvée  pour écouter de la poésie dans une ambiance littéraire, pour connaitre la poétesse tangéroise et son œuvre pour ceux qui ne la connaissaient  pas encore et pour ses lecteurs,  qui connaissent  ses écrits et les apprécient, un délicieux moment passé en sa compagnie, à l’écouter dire ses vers et expliquer avec passion, mots justes et émouvants,  les réflexions, sentiments et convictions qui l’ont guidée dans l’élaboration de ce recueil.

« Contes d’une tête tranchée » émanent d’un point de vue personnel de l’auteur concernant Shahrazadel’héroïne  des « contes des mille et une nuit »écrits par  des hommes.

Petit résumé du conte ( à titre indicatif uniquement, car le conte n’est pas le sujet du propos du recueil explique  l’auteur .)

Le roi Shahrayar, trahi par sa femme, décide de se venger de la gent féminine en épousant chaque jour une jeune-fille  pour la mettre à mort le lendemain matin. Shahrazade, fille du vizir, belle et intelligente décide de venir en aide à ses « sœurs » et demande à son père de la proposer  comme épouse au roi. Le mariage conclu, dès le premier soir elle se met à lui raconter des contes. Sa ruse consiste à tenir le roi  en haleine par un suspens sans cesse renouvelé, de sorte qu’il ne puisse pas l’exécuter, avide de connaitre la suite. Mille et une nuits passent. Tout rentre dans l’ordre, le roi regrette sa folie meurtrière passée,  cesse d’assassiner les femmes et son peuple l’aime à nouveau.

Shahrazade a sauvé ses consœurs.

Shahrazade revue par Rachida Madani

Pour Rachida Madani, les contes des mille et une nuit ayant été écrits par des hommes, Shahrazade a été instrumentalisée pour réhabilité Shahrayar.  Bien que despote et criminel sanguinaire, Shahrayar est montré comme un roi vengeur mais avec des circonstances atténuantes à cause de la trahison de sa femme.

Belle  et intelligente  Shahrazade use de la ruse pour arriver à ses fins en racontant de belles histoires, mais qui en fait n’ont changé en rien  le despotisme royal. Shahrayar cessera de faire exécuter  ses femmes, certes,  mais son  royaume sera toujours plein d’injustices de toutes sortes.

Rachida Madani  réinvente donc une Shahrazade militante,  terme qui  fut contesté par une personne dans l’assistance,  qui avança l’idée  qu’à cette époque ce terme n’existait pas. Le terme n’existait peut-être pas mais le concept est éternel,   donc en ce qui me concerne  le mot « militante » me convient parfaitement et  je le conserve.

 Cette Shahrazade militante  s’adresserait à Shahrayar   avec ses propres mots et non pas avec les mots d’un homme qui a voulu lui faire dire ce que lui, désirait qu’elle dise.

Rachida Madani choisira plusieurs extraits qui illustrent le combat et la révolte  de Shahrazade et en fera une lecture.

Shahrazade dira à son roi ses quatre vérités, lui parlera  de la condition des  femmes, de celles des hommes humiliés et bafoués. Elle criera sa rage, sa colère et son désarroi, ne mâchera pas ses mots. Elle parlera de toutes les injustices, de tout le mal que subit le peuple et ce,  sans aucune complaisance.

Et pour cela il faut  qu’auparavant elle s’approprie le pronom personnel de l’identité assumée : JE

Premier conte,   poème IX   ( extrait)

« Je est le mot unique à proclamer

je dis Je

et j’ai l’air d’être moi

mais le Je est innombrable

dans la fièvre de ma poitrine

dans le désastre de ma poitrine.

Je est innombrable dans le jardin de verre

où pend, douloureuse des branches,

toute une forêt d’arbres

 vers le bassin où s’étiolent

 des pauvres esclaves aux noms de bijoux… 

 

 La verve poétique de Rachida Madani nous transporte dans un monde douloureux, un monde dans lequel le  sang et les  larmes mal séchées,  vous prendà la gorge.

 Ses vers sont percutants quand l’enfance et l’innocence elles-mêmes  ne sont pas épargnées par l’injustice :

Premier conte,   poème II  (extrait)

 « …Maintenant la faim sur sa joue

a rendu plus profond

le sillon tracé par les larmes.

Maintenant au bout de ses membres chétifs

Il traine un jouet de pauvre :

un carton

avec dedans un petit chien tout maigre

et une enfance toute rapiécée.

Cela fait un drôle de petit bruit

l’enfance rapiécée que l’on traine

sur le pavé… »

 

Deuxième conte,   poème XV  (extrait)

« C’était un conte pour femmes défigurées

Pour enfants sans rire…

 Ce fut le conte-sanglot d’une femme déchirée

le conte-sanglant d’une tête tranchée

sur le chemin de l'émeute

 et sans une larme, dans le jardin de verre,

prit la relève, la chouette

la plus noire. »

 

A la lecture des vers de Rachida Madani, des formes et des couleurs nous submergent,  des images se superposent de façon insolite, tout comme le font ses mots arrachés de sa gorge mais en même temps intarissables dès qu’ils inondent la toile au rythme de son clavier.

Cette « synesthésie » déclenchée par les vers de ce recueil nous plonge dans un univers pictural expressionniste. Des tableaux d’Emil Nolde, de Kokoshka, De Soutine, nous envahissent dans une fusion de leurs formes et couleurs avec les mots de la nouvelle Shéhérazade.

Si l'expressionnisme en peinture est la projection d'une subjectivité qui tend à déformer la réalité pour inspirer au spectateur une réaction émotionnelle,

si  les représentations sont souvent fondées sur des visions angoissantes, déformant et stylisant la réalité pour atteindre la plus grande intensité expressive,

alors ce recueil de poèmes « Contes d’une tête tranchée » peut être assimilé à une toile expressionniste, car les vers de Rachida Madani inspirent une forte réaction émotionnelle, et les images qu’elle stylise et déforme lui font atteindre à travers ses mots la plus grande intensité expressive  et ce pour le plus grand bonheur du lecteur.

A quand le prochain recueil Rachida ? 

 

Posté par avshareli à 00:20 - Commentaires [4] - Permalien [#]

24 juillet 2012

Spiritualité ou appareil digestif ?

Le croissant de lune qui annonce le premier jour du mois de Ramadan a été observé, l'annonce est faite dans les mosquées , sur les chaines radio et télé, c'est le début du mois de jeûne.

Il n'en faut pas plus, pour que le soir même, les supermarchés, les souks, les épiceries, les boulangeries, soient pris d'assaut, comme si avait été annoncée  une grève générale illimitée ou une prochaine guerre intergalactique  . Et ceci, en dehors d'un ravitaillement fait comme pour tenir un siège, quelques jours plus tôt, pour attendre  de  pied ferme l'arrivée de ce mois de la tempérance et de la modération.

On observe partout des queues interminables et  anarchiques, où tout le monde tient à être servi en premier, pour débuter ce mois du partage, du pardon et de la charité.

On achète de tout , en grosse quantité, on rêve de tables qui croulent sous la variété de mets spéciaux, rarement préparés en dehors de ce mois . Même les plus pauvres s'endêtent car les plus riches partagent rarement. Chacun se comporte, comme si durant ce mois, il devait se transformer  en un immense estomac à remplir, du coucher du soleil au petit matin, sans interruption . Le mois de l'abstinence, de la maitrise des envies et des désirs peut commencer avec optimisme.

La ville est quasiment déserte le matin jusque vers  midi. Les marchés se remplissent alors et la foule se déverse dans les rues  comme un seul homme. En temps normal , ce sont les femmes qui font les courses. Durant le mois de ramadan par un accord tacite et pour laisser à leur compagne les coudées franches  pour la préparation de repas pantagruéliques, les messieurs, consentants et heureux, prennent la relève pour investir les marchés, les boulangeries, les pâtisseries en un mot tous les commerces d'alimentation. Ils font leurs achats,  les yeux plus gros que le ventre, ont des envies comme la  femme enceinte pour tout ce qui est proposé, de la datte la plus banale en passant par toutes les viandes et poissons et pour finir par toutes les pâtisseries et sucreries, si appêtissantes quand  le ventre est creux.

Serait-ce,  parce-que  c'est le mois de la mesure , de la pondération et du contôle des pulsions que les bagarres dans les rues se font plus fréquentes? Certains passants se disputent pour un rien , peuvent en arriver aux mains, s'insultent, se bousculent, grognent , jurent... Au volant on s'exaspère dans les embouteillages, on se lance des invectives, on klaxonne avec agressivité.  Fumeurs en manque de nicotine? Jeûneur sans conviction? Jeûneur convaincu mais ignorant?

 Chutes et hausses de tension ,  diabètes désiquilibrés,  ulcères d'estomac qui se réveillent... Nombre de malades entêtés,  n'entendront pas raison et  refuseront de rompre le jeûne ou de carrément ne pas jeûner comme c' est recommandé, le pratiquant n'ayant pas le droit de mettre sa vie en danger.  Mais  le "qu'en dira-t-on" des ignorants et les fausses croyances populaires sont beaucoup plus importants que les préceptes religieux. On comprend de travers, on transforme, on écoute les fkihs autoproclamés, sans formation aucune, on fait de la religion une adaptation personnelle et résultat, les urgentistes  ne savent plus où donner de la tête, les pharmacies ne désemplissent pas et les Gastro-entérologues , Cardiologues et Endocrinologues sont sur le pied de guerre pendant tout le mois.

Pendant ce temps les chaines de télévision nationales très regardées durant ce mois et sur lesquelles on aurait pu compter pour aider à affûter un peu les neurones de nos concitoyens,  passent  des sitcoms ulcérogènes,  des skechs  émétiques  et des pubs colitiques. Peu exigeants,  nous nous complaisons  dans le système digestif, c'est notre choix...

Posté par avshareli à 18:50 - Commentaires [12] - Permalien [#]

12 juillet 2012

Tanger, rue du Mexique

C'est bien une vache en face de moi. Elle  avance, investissant l'espace presque total du trottoir. Comme toutes les vaches elle n'a pas trop conscience qu'elle n'est pas seule au monde. Elle ne fait aucun effort pour s'écarter ne serait- ce qu'un peu pour laisser passer les autres.

Elle chaloupe fière de son gabarit, engoncée dans une jellaba cousue spécialement pour affirmer "Grosse et fière de l'être". Je calcule la distance qui nous sépare pour évaluer le danger qui me guette quand je m'aperçois qu'elle n'est plus seule, c'est un troupeau carrément qui marche de front vers moi. Ses comparses arrêtées peut-être devant une boutique l'ont rejointe et épaule contre épaule, ( les femmes chez nous aiment  la promiscuité) elles avancent, parlant, riant, gesticulant, certaines ruminant, d'autres l'oeil cerné de noir et pas du tout vague...

Les unes du style vaches hollandaises ,les autres du genre vaches locales efflanquées.  Je n'ai que le temps de m'éjecter du trottoir avant que la collision ne me soit fatale. Me faire ouspiller par un conducteur m'est moins pénible qu'un corps à corps avec un de ces bovins féminins, choc qui se serait soldé par une fêlure de la clavicule avec en prime quelques insultes pour m'apprendre à émettre l'idée même timide,  qu elles auraient pu me laisser une petite partie sur le  trottoir.

 Certains diront que je suis méchante, je leur demande de jeter un oeil sur "Un été à tanger." Je n'invente rien, je ne fais que rapporter ce que j'observe quotidiennement.

Toute ressemblance dans ce post avec certaines, est réelle, voulue, délibérée et assumée par l'auteur :)

Posté par avshareli à 11:45 - Commentaires [4] - Permalien [#]

24 avril 2012

"A MES AMOURS TORDUES" MOKHTAR CHAOUI

 

  Je voudrais vous faire partager un coup de coeur dans le domaine littéraire.

    Au Salon des Livres et des Arts aux éditions Afrique-orient 

Sortie du nouveau roman de l’écrivain Tangérois Mokhtar Chaoui  

« A MES AMOURS TORDUES »

 Chaoui

Après  « Permettez-moi madame de vous répudier », Mokhtar chaoui nous revient avec un deuxième roman «  A mes amours tordues ».

Dès la lecture achevée… d’une traite, c’est ainsi que je l’ai lu et que  l’on lu les personnes que j’ai interrogées,  on  est soufflé !

Mo khtar chaoui nous a fait là quelque chose de fort ! Qui sort des tripes ! Dramatique, émouvant, vrai, sans concession aucune, sans compromis.

C'est en même temps un cri,  un sanglot, un réquisitoire contre l’hypocrisie et l’incohérence de notre société mais aussi , un hymne à l'amour pur ( celui du petit frère,… je n’en dis pas plus). Le narrateur malgré toutes les étapes de sa vie les unes plus spirituelles que les autres, doute, s'éloigne de son dieu, revient vers lui …

Il règle ses comptes avec La mère,  avec Le père, sans haine. Ce n’est  pas le refus ou la négation de la famille, dont il est question  mais d’ une critique concernant  la main mise de cette dernière  sur nos vies, nos actes, nos décisions, et le poids trop lourd qu'elle exerce sur nous et qui nous empêche d'être  libre, qui nous empêche de vivre.

 Il fait des constats qui se résument en la citation de L-F- CELINE placée en début du roman et qui dit :

«  Il n’y a de terrible en  nous et sur la terre et dans le ciel peut-être que ce qui n’a pas encore été dit. On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on n’aura plus peur de se taire. »

L’originalité de «  A mes amours tordues »  réside dans le fait que Mokhtar  Chaoui a voulu faire  de ce livre un roman interactif. Le lecteur est invité à être auteur à son tour. Des pages vierges et numérotées sont laissées à sa disposition pour qu’il puisse  sous le titre «  lettre du lecteur à sa mère », «  lettre  du lecteur à son père », extérioriser ses démons intérieurs et mettre noir sur blanc tous les non-dits qui empoisonnent sa vie. C’est en quelque sorte une thérapie sans psychiatre. A la fin,  si le lecteur accepte de jouer le jeu, le livre devient son  journal intime.

Et puis pour tous ceux qui auront apprécié le premier roman de Chaoui « permettez-moi madame de vous répudier », le personnage principale féminin Abir , fait une brève apparition dans celui-ci. Un rapide dialogue nous laisse présumer du dénouement laissé en suspens dans le premier roman. Mais ce deuxième roman n’en est pas pour autant la suite du premier, ils sont totalement indépendants l’un de l’autre, mais Chaoui aime bien surprendre…

Malgré le thème dramatique, «  A mes amours tordues » est plein d’humour, ce qui ne nous étonne pas de la part de Mokhtar Chaoui dont on connait la répartie facile et le pouvoir qu’il a de jouer avec les mots et leur double sens.

 On trouve par exemple  en bas des pages réservées à la rédaction du lecteur : «  ajouter des pages si nécessaire » insinuant ainsi que le monologue sur le divan pourrait  être interminable dans l’inconscient de tout un chacun.

Et c’est ainsi qu’en  plus d’une histoire prenante et poignante, Chaoui nous offre  avec «  A mes amours tordues » une expérience nouvelle qui ne nous étonne pas de la part de cet écrivain révolté, en colère mais toujours lucide avec un regard  perçant qui scrute sans ménagement tout ce qui l’entoure. 

 

02 mars 2012

Madame Gh...

Quand je poursuivais mes études spérieures, j'avais un professeur d'Histoire de l'Art que je n'ai jamais oublié malgré le temps passé.

Madame Gh... aimait avec passion  la peinture de  Bonnard.

Un jour que nous étions seules  en classe, moi parceque j'étais arrivée avant mes camarades et elle parce qu' habitant loin elle était obligée de déjeuner sur place dans l'établissement, nous discutâmes peinture mais pas de façon protocolaire et  magistrale.

Elle orienta la discussion vers l'école de son choix et  entreprit de m'expliquer avec ferveur la peinture intimiste.

"Le bonheur , voyez-vous, ce ne sont pas de grandes idées ou de grands moments dans la vie. Une tasse de café prise prés de la porte de son balcon, un rayon de soleil, un intérieur chaleureux, de la verdure, voilà un cadre de bonheur que seul un artiste peut déceler, peindre, chanter ou raconter. Et la peinture de Bonnard est ainsi.

Quand il m'arrive depuis, de voir une scène agréable, je la vois à travers les yeux de mon professeur.

Une simple photo sur facebook est à l'origine de ce billet.

Posté par avshareli à 15:22 - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

01 mars 2012

Forêt de R’milat , Parc Perdicaris Ou « Laxisme et Inconscience Générale »

DSC00799 DSC00792

Beau soleil ce dimanche,  nous décidons en famille  de joindre l’utile à l’agréable et d’aller nous oxygéner   poumons et neurones  à la forêt de R’milet  tout en prenant  quelques photos de ce site sublime.

Cela faisait quelques temps que je n’y avais pas mis les pieds et qu’ elle ne fut ma surprise en descendant la côte de Jbel Kbir de voir un  embouteillage de voitures, de taxis et de bus qui cherchaient anarchiquement à se garer  au milieu d’ une foule compacte assez semblable à celle que l’on trouve dans les moussems de saints divers avec toute la pagaille qui va avec.

Tant bien que mal on finit par trouver une place dans le parking aménagé, après avoir subi l’incivisme notoire de certains conducteurs convaincus qu’ils sont « seuls au monde ».

On passe la grande grille du parc et immédiatement  le ton de la visite est donné.

Le panneau, placé  à l’entrée du parc  pour indiquer aux visiteurs le plan du site, est complètement défoncé.   Je croyais avoir le privilège de me promener dans un parc à l’histoire fabuleuse, doté d’un microclimat  qui fait  sa notoriété au-delà des frontières. Un parc censé posséder une  faune et une  flore variées dont l’intérêt biologique et écologique  fut  le sujet de bien des écrits et bien des discours. Un parc alliant les avantages d’une  forêt , de l’océan,  de la méditerranée et qui de plus est à deux pas du centre ville.

 Et bien non ! Détrompez-vous.  Je me trouvais  parachutée  dans une immense décharge publique, une grande « mazbala », où toutes les poubelles réduites en miettes ne présentaient  plus que la triste image d’ un  amas de plastiques bleus. Des  feux allumés un peu partout en toute inconscience, sur lesquels les familles réchauffaient leur repas dominical, à l’intérieur de restes  de  troncs d’eucalyptus centenaires servant de brasero. J’hallucinais !

Je faillis faire demi-tour s’en était trop pour moi. C’est alors que j’eus l’idée d’  immortaliser  par des photos, ce laisser faire criminel,  cette inconscience générale, ce laxisme collectif face à la dévastation du patrimoine national.

Persuadée que j’avais tout vu  en fait de vandalisme et d’incivisme je pris le chemin qui s’enfonçait un peu plus dans la forêt, quand je vis dégringoler au pas de course une bande  d’individus  qui s’amusaient à arracher les branches légères  en  s’arrêtant  pour briser les plus résistantes tout en s’esclaffant  probablement fiers de leur force de brutes épaisses.

La forêt malmenée, s’entête  malgré tout à exhaler l’odeur des feuilles et aiguilles de ses arbres. Mais pour combien de temps encore?

Ne serait-on pas encore en train de fermer les yeux sur la destruction de la forêt de R’milat  dans le but de la  remplacer allègrement  par du béton ? Nous sommes en droit de nous poser cette question car les exemples sont multiples dans la région : la forêt Diplomatique , la forêt   Mrisat  , la forêt  Médiouna ,  et tout dernièrement la forêt  Sloquia dans le collimateur des spéculateurs …

 A ce train là, bientôt  les Tangérois n’auront plus que leurs yeux pour pleurer leur région et chanter  en chœur  « il faut que tu respires » de Mickey 3D.

                                Basura                                                                                                                                                                       

Posté par avshareli à 16:54 - Commentaires [3] - Permalien [#]

20 décembre 2011

Quand le ciel bas et lourd...

 

eclair

LE DETROIT EN COLERE

J’ai une une prédilection très décriée par les gens que je connais, pour « un ciel bas et lourd », pour la pluie qui descend en bruine ou en averse, pour la lumière silencieuse et sans exubérance qui ne vous indique pas l’heure de la journée (vous n’avez qu’à avoir une montre) ce n’est pas son rôle. 
Ses expressions sont multiples et variées. Du sourire éclatant quand le temps se dégage, au rire à gorge déployée quand le ciel est clair et sans menace, au silence lourd de sens quand les nuages s’amoncellent et imperturbable quand elle se marie à la couleur des murs, des routes et des paysages et qu’elle ne laisse rien transparaitre si ce n’est une unité totale entre les âmes, les choses et les éléments.

Même ceux qui partagent mon ciel, le préfère quand il est bleu et lumineux… pour moi « aveuglant » sans relief. Je parle souvent de mon ciel bleu arrogant. Un ciel ce doit être changeant, ça doit tester plein de couleurs, se laisser couvrir de temps en temps. Un ciel bleu en continu me fait penser au sourire béat d’un individu qui n’a rien compris mais est quand même content de lui.

Bon j’arrête là car je sais que nombreux sont ceux qui diront que ce n’est pas normal de ne pas aimer « le beau temps ».

Que voulez-vous, j’éprouve un bonheur extrême quand j’entends gronder le tonnerre, éclater la foudre, quand la pluie descend du ciel comme un rideau d’organza moirée, quand les éclairs se dessinent en lignes brisées dans « mon ciel bas et lourd » et que la lumière ambiante est un mélange de vert Véronèse et de Bleu de Prusse transparent. 

Posté par avshareli à 14:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]