Je suis agacée d'entendre parler de littérature au rabais sans n'avoir jamais rien lu des auteurs désignés sous cette appellation peu flatteuse.

Pour avoir même été inscrite à ce groupe " Non à la littérature au rabais" sur facebook par mes amis, j'ai décidé de  lire les auteurs incriminés pour me faire ma propre petite idée.

Ces auteurs connaissent un immense succès alors que  sur blogs et forums quand un ami ou contact "avoue" avoit lu un de ces auteurs il le fait  honteux, en s'excusant presque . J'ai donc pris mon courage à deux mains hier  et me suis inscrite à la bibliothèque du centre français près de chez moi .

Ben oui, j'ai pris mes précautions, je n'allais pas investir une petite fortune (les livres sont chers de par chez moi ) dans une littérature qui peut-être ne séjournenra pas dans ma bibliothèque.

Marc lévy, Katherine Pancoll et Anna Gavalda trônent  sur mon bureau depuis hier soir. Je viens d'attaquer "Les yeux jaunes des crocodiles" de Pancol...je vous dirai...

Quelques jours plus tard

Je vous ai parlé de cette "littérature" à gros succès , dénigrée par plusieurs lecteurs qui la nomment "littérature au rabais". J'ai donc décidé de lire Pancoll, Gavalda, Lévy pour me faire ma petite idée. Vous avez été nombreux à commenter vous qui les avez lus et je vous avais promis de vous donner à mon tour mon point de vue.

Les yeux jaunes des crocodiles de Katherine Pancoll  ( Albin Michel)

Pavé de plus de 600 pages

Nombreux personnages .

Un super PDG au sublime physique et au compte en banque inépuisable.

Un autre PDG plus vieux, d’origine plus humble, mais ô  combien bon et grand  malheureux dans la vie, auprès d’une femme froide et monstrueuse d’égoïsme, mais heureusement,  l’histoire a un heureux dénouement avec sa secrétaire adorable femme pulpeuse à laquelle il fera un enfant,

Une héroïne bourrée de défauts apparents,  mais avec un fond si riche qu’il en est éblouissant et finit par  éblouir jusqu’à sa méchante sœur et un intellectuel beau et ténébreux, au jumeau dont l’étonnante ressemblance créera  une confusion dans les sentiments de notre fragile protagoniste.

Un mari qui fout le camp avec la coiffeuse et qui monte une affaire de crocodiles en Afrique, qui heureusement tournera mal, quand  il se fera bouffer par son élevage.

Une sœur, d’une beauté qui n’a d’égal  que son nombrilisme avec des yeux bleus  dont le bleu unique et jamais vu rend dingues tous les hommes.

Plein d’adolescents grands et virils, de jeunes filles au corps de déesse, de Prada , de  I phone, de Ipade , d’examens et de réussites.

Une amie , voisine et confidente de la protagoniste, belle et championne d’arts martiaux,  au secret qu’elle a raison de bien garder car elle est la fille cachée d’Elisabeth d’Angleterre…

Bon j’arrête c’est bon, je crois que j’ai tracé un tableau suffisamment éloquent.

Le style est sans intérêt, Pancoll écrit comme la voisine de palier qui aurait échoué au passage en seconde mais qui aurait réussi au BEPC.

On n’y trouve rien  de remarquable, rien qui pousse à la réflexion, rien de particulièrement poétique. Des histoires parallèles de vies invraisemblables. Ce ne sont même pas des contes de fées, car le roman se veut réaliste.

 

Anna Gavalda « je l’aimais » ( la dilettante)

Histoire banale d’une jeune femme quittée par son mari pour une autre. Moins banale car un tête à tête avec son beau père, qui dans la vie est un mari et un père assez froid et dur, mais que le drame de la jeune femme va faire  parler pour une fois.

Il se racontera et parlera de la lâcheté qui fait qu’on ne part pas quand on aime ailleurs.  Il expliquera comment le goût du confort et la peur du regard des autres coupent les ailes et fait passer à côté du bonheur.

Des réflexions intéressantes souvent profondes.

Le style incolore et inodore manque d’âme, c'est dommage.

 

J’ai commencé  «  Et si c’était vrai »  de Marc Lévy, je n’ai pas pu en terminer la lecture. Il ne  m’a pas accrochée un seul instant. J'ai été totalement insensible au thème et à la façon d’écrire de Lévy. Style complètement plat.

 Après ces lectures, je me suis donc fait ma petite idée au sujet de ce qu’on appelle « littérature au rabais ».

Cette appellation péjorative est insultante pour le nombre important de personnes qui apprécient  ces livres .A quel titre  s’arrogerait-on  le droit de dicter aux autres leurs lectures ?

Le problème réside  uniquement dans l’appellation de ces romans. A mon sens  on ne devrait pas parler  de littérature mais de productions écrites.  L'unique  point commun de ces livres avec "la littérature" est l’utilisation de l’écriture .

Tout comme la pellicule cinématographique a été utilisée par Chabrol, Fellini, Chaplin, Bergman, Truffaut, elle  l’a été  aussi par les producteurs de Dallas, Top Model, Plus belle la vie…

Personne n’aurait le culot de nommer «  Plus belle la vie »,  une Oœuvre Cinématographique.

Il est donc erroné d'utiliser l'expression  «  œuvre littéraire »  pour ces romans.