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J'achève   la lecture de Topolina.  Je l’ai « avalé » d’une traite,  la gorge nouée tout le long sans pouvoir mettre de mot sur mon malaise.

Lire Topolina , c’est s’assoir en retrait discrètement et l’écouter penser , cogiter et triturer ses mots et ses phrases la regarder  vaquer aux occupations qu’elle s’est choisi  après en avoir abandonné d’autres qui faisaient sa vie ,lorsqu’elle a pris la décision un jour, de fermer son cœur et son âme…

 Dans un style que l'auteur a elle -même  qualifié" d’écriture blanche au ras des mots" lors d’une interview, on accompagne Topolina, qui devient attachante dès les premières pages. Ecriture simple, fluide, agréable d’accès mais si souvent ponctuée de passages dans un style poétique comme un sanglot  qui remue autant que le personnage qui essaye de nous donner le change :

 « Cet enfant dont je ne connais pas le nom s’immisce en moi comme un fantôme dans une maison vide ».

 Ou encore à propos d’un tableau qu’elle a commencé, mais est-ce seulement du tableau qu’il s’agit…

« Je l’ai appelé  l’Otage .  Otage d’une prochaine fois, captif de ma capacité à lui donner la forme, la matière, les couleurs que je voudrais qu’il ait. »

 Ou  la scène dans un bar lorsqu’elle dit à propos d’une femme, mais de quelle femme s’agit-il aussi là … ?

« C’est un chagrin au-delà de la souffrance, comme si la souffrance était partie et qu’elle pleure sur le vide que la détresse a laissé.  Sa peine crée une barrière, personne ne s’approche d’elle, personne n’essaie de la consoler…C’est peut-être ça que veut dire …Peut-être est-elle en train de se faire du bien. Je me demande quand même pourquoi il n’y a personne pour la prendre dans ses bras et le lui dire. »

 A la fin du roman on  n’a  qu’une  envie, celle de la prendre dans nos bras sans un mot et  lui dire doucement, que "la lumière explosée un jour" est peut-être revenue...