Que dire à propos de Contact,  sinon qu’il Faut le lire.

J’ai fait le voyage  avec le personnage, du km 0 au km 669 en ne quittant la voiture qu’au moment des arrêts, sans pour autant quitter les pages. Chaque mot, chaque phrase  démultiplie le voyage, le trajet.

L’histoire « socle » est si vraie, si prenante  et si humaine,  que l'on est tenté de la prendre comme le but en soi du récit,  mais les cogitations du personnage avec ses associations d’idées  d’une richesse inouïe, et les digressions fluides et systématiques nous empêchent de ralentir et de nous arrêter.  C’est grisés par la vitesse  que nous empruntons le récit comme le personnage emprunte l’autoroute.

Et en effet l’auteur nous dit dans la postface : «  le récit  exige beaucoup de celui qui l’emprunte. Le récit veut de la continuité de la vitesse de l’efficacité. »

Pour parler de Contact de Cécile Portier j’emprunterai les mots que  Bernard Noël a utilisés pour parler de « la question du sens » dans l’écrit :

« Pour la plupart des gens, le sens est l’explication... Le sens ce n’est pas ça, c’est le mouvement de la vie... Ça  n’en finira jamais de dire et ça n’est intéressant  que  si ça n’en finit jamais de dire. Si l’explication épuisait le texte, le texte n’aurait aucun intérêt une fois épuisé. »