Geste et Lumière

21 mai 2014, 01:21

Lors de ses dernières expositions, l’artiste Ahmed Al Barrak nous a habitués à nous plonger à travers ses toiles   dans la mémoire de la ville de Tanger (« Traces »)  dans   sa culture millénaire , sa lumière et sa réalité citadine («  Graffitis »), aujourd’hui il nous revient avec un ensemble d’œuvres  faites expressément  pour l’exposition Sete Sois Sete luas de Ponte de  Sor , au Portugal. Le Portugal, pays voisin qui partage avec le Maroc une histoire particulièrement  riche,  dont la mémoire  est soigneusement entretenue à travers vestiges et architectures dans plusieurs villes du royaume sur la côte méditerranéenne et atlantique.  

Ahmed Al Barrak présente aujourd’hui une vingtaine de toiles sur le thème « Geste et lumière » travaillées avec énergie, fougue et passion, presqu’en continu, comme travaille tout artiste lorsque le tourbillon de l’inspiration l’enchaine, l’emporte et le transporte.

Inspiration née du geste et  du mouvement, née de la lumière et  donc par là même, de la couleur.  

Déclinaisons de bleus intenses, ou    fonds plus sombres   virant parfois au mauve, le travail de l’artiste semble toujours en quête de transparences  dont la maitrise fait émaner une luminosité spéciale, celle de l’atmosphère méditerranéenne. Des petites taches de couleurs chaudes distribuées avec parcimonie viennent réchauffer tous ces bleus comme le feraient des taches de soleil filtrant, quand l’ombre devient nécessaire.  Dans le sillage de grands gestes générateurs de lignes courbes ouvertes ou fermées, semblent apparaitre tour à tour, visages d’enfants curieux, têtes hirsutes aux  yeux dilatés sur le monde, clin  d’œil complice sorti d’on ne sait où, fenêtres ouvertes sur  l’immensité du bleu, personnages oniriques remontant du  fond des  mers…  

Interrogé sur son travail, l’artiste  nous dit :   «  Quand je peins je ne me pose aucune question, je suis guidé par mon instinct, mon goût, ma culture, mon état d’âme du moment les couleurs posées en appellent d’autres, je couvre, je gratte, je trace des lignes en de larges mouvements de brosses ou de couteaux, je les laisse se répondre et appeler d’autres lignes s’il le faut. J’ouvre, je ferme, j’enserre, je libère, ça c’est mon rôle de peintre. Lorsque ma toile est achevée et offerte au regard du public, ce dernier est libre de l’interpréter à sa manière et d’en ressentir ou non les émotions qu’elle dégage  et  les vibrations qu’elle peut émettre. »

 Ahmed Al Barrak  profondément imprégné par  la culture et  la lumière du Détroit nous fait rêver à travers ses toiles, en jouant avec la couleur,  le geste la lumière.

   Hafida Aouchar